Cent’anni trouve ses racines dans le film «The Godfather» F.F. Coppola, qui, en 1972, racontait l’odyssée d’une famille italo-américaine aux USA. Parlant mal italien, le réalisateur transforma « Cento qui questi giorni » (Cent jours aussi heureux que celui-là) que l’on se lance, en Italie, lors des anniversaires, en «Cent’anni». D’une façon inattendue, c’est la seconde formule qui s’imposa auprès de la diaspora américaine, au cinéma comme dans la pègre.
Issu moi-même de la communauté Italienne installée en France, plongé dès l’enfance dans un bain artistico-carcéral – des oncles et des cousins un peu comme ceux du «Parrain» – j’ai souhaité à ma manière revisiter cet espace curieux entre les racines, l’imaginaire, la tragédie et la famille.
1. Cent’anni
Le premier mouvement est conçu sous la forme thème et variations. Il superpose trois lignes mélodiques qui tournent autour d’une ambiguïté mineur-majeur, évoquant les mélismes orientaux enfouis aux tréfonds de toute plainte méditerranéenne. Après l’exposition du thème sous ses trois avatars, les variations entraînent la mandoline dans une virtuosité peu commune qui se déchaîne lors de l’accelerando final.
2. Lacrimae
Très lent enroulement de deux thèmes sur eux-mêmes, le lacrimae évoque l’idée d’une chute abyssale qui ne s’arrête jamais. Totalement chromatique, étirant les limites du lamento aux confins de ses possibles, il confère à la mandoline la puissance d’un violon et la grâce d’une voix lyrique.
3. Ritmico
Jazzy et structuré en plans alternés, un peu comme dans le cinéma d’action, Ritmico conduit la mandoline et les invités qui l’accompagnent à la vitesse de Steve Mc Queen dans Bullit, ce qui est une référence explicite au commanditaire de l’œuvre, l’incroyable Vincent Beer-Demander, et à ses liens avec Lalo Schifrin.
L’ensemble dure 18 minutes