Une question essentiellement technique sous-tend l'écriture de cette pièce : comment évoquer dans l'esprit de l'auditeur, à travers le jardin sonore circonscrit de la guitare, une atmosphère précédemment vécue dans un contexte et par un médium différents et inextricablement distants.
Un pari gagné, je veux le croire, en confiant l'instrument à l'une de ses caractéristiques spécifiques : celle de pouvoir capturer l'essence par la suggestion, le corps par l'ombre... et l'idée que la guitare, comme aucun autre instrument, est capable de se faire le médium pour évoquer et matérialiser même en traversant des territoires théoriquement distants, voire contraires à sa nature.
La pièce pourrait ainsi être définie, essentiellement, comme une étude, une recherche, sur le timbre et son pouvoir imaginatif. Structurée en trois sections, dont deux sont présentées comme des variations de la première, dans des territoires tonals différents et distants.
- Alfredo Franco, Turin, 2024.