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Description

Peu de compositeurs de la scène guitaristique du XIXe siècle pouvaient rivaliser avec l’imagination créatrice de Giulio Regondi. Parmi les traits les plus distinctifs de son style de composition figure son langage harmonique sophistiqué. Sa manière de traiter les progressions, les dissonances, les contrastes et les modulations offre une perspective nouvelle, avec une remarquable variété de couleurs et de nuances. L’« Étude de Concert no 4 » constitue d’ailleurs un exemple particulièrement éloquent de ces caractéristiques.

Malgré la qualité de la musique de Regondi et la reconnaissance dont il jouissait comme interprète de son vivant, il fallut attendre plus d’un siècle après sa mort pour qu’il reçoive l’appréciation qu’il méritait véritablement. En 1981, les Éditions Chanterelle publièrent « Giulio Regondi: The Complete Works for Guitar », sous la direction éditoriale de Simon Wynberg. La même année, le guitariste danois Leif Christensen fut le premier à enregistrer les œuvres de Regondi pour guitare (Rêverie op. 19, Fête Villageoise op. 20, 1er Air Varié op. 21, 2e Air Varié op. 22 et Introduction et Caprice op. 23). Le célèbre guitariste David Russell enregistra par la suite « Rêverie » sur son album « 19th Century Music » (1987). Toujours dans les années 1980, le guitariste et chercheur Matanya Ophee découvrit les « Ten Études » pour guitare de Regondi, qui furent publiées par les Éditions Orphée en 1990. En 1993, elles furent enregistrées par David Starobin dans le cadre de la collection « The Great Regondi », publiée par The Giulio Regondi Guild.

En plus d’être un guitariste et un compositeur reconnu, Regondi fut un ardent défenseur de la concertina, un instrument récemment inventé et développé par Sir Charles Wheatstone. En effet, sa production pour concertina dépasse largement son catalogue pour guitare, tant par sa quantité que par sa diversité. Ses œuvres pour concertina comprennent deux méthodes pédagogiques, des compositions originales pour instrument seul et pour musique de chambre avec accompagnement de piano, deux concertos ainsi que plusieurs fantaisies fondées sur des mélodies populaires.

 

J’ai découvert pour la première fois les œuvres de Regondi pour concertina pendant mes études de maîtrise, en 2003, grâce au professeur Allan Atlas, qui eut l’amabilité de m’envoyer des copies de plusieurs partitions. Parmi celles-ci se trouvait l’une des méthodes mentionnées précédemment, l’« Hexameron du Concertiniste », un recueil de six études de concert pour concertina solo. Dédié à l’ami du compositeur, le révérend Samuel Dickson Sandes, cet ouvrage fut publié à Londres en 1857. Curieusement, la dernière Étude de cette série présente une certaine ressemblance avec la dernière des dix études pour guitare.

 

Une transcription pour guitare de la quatrième Étude de l’Hexameron fut incluse dans l’édition Chanterelle des œuvres pour guitare de Regondi sous le titre « Étude 4b », afin de la distinguer de la quatrième des dix études. Cette version était basée sur une copie manuscrite répertoriée dans le catalogue d’Eleuterio F. Tiscornia, un collectionneur argentin de musique pour guitare, publié en 1948 par Ricordi Americana. Datée du 19 janvier 1944, cette copie est aujourd’hui accessible sur IMSLP. Il s’agit d’une transcription littérale de l’Étude pour concertina, qui conserve la tonalité originale de fa majeur.

Dans la présente édition, j’ai choisi de la transposer en ré majeur, en abaissant la sixième corde de la guitare jusqu’au ré. Bien que Regondi n’ait jamais employé cette scordatura particulière dans ses compositions originales pour guitare, elle se révèle particulièrement efficace dans cette transcription, favorisant la résonance naturelle de l’instrument et lui conférant un caractère plus idiomatique.