J’ai composé mon premier quintette pour clarinette et cordes à la demande de Jean-Guy Boisvert. Après lecture de la partition, qui n’avait pas encore trouvé son titre, ce dernier m’a suggéré Je vous ai vue rêver. D’emblée, la proposition m’a plu : elle m’est apparue comme une prise en charge de l’œuvre, une première phase d’interprétation qui fait écho à l’esprit de la musique.
Au cours des dernières années, j’ai développé une conscience accrue des courbes d’énergie qui se profilent, entre autres, à travers l’agencement des couleurs harmoniques, le découpage et la densité des textures, l’intensité rythmique et le jeu si important des nuances. Ces courbes travaillent en arrière-plan de la forme en l’animant et en la structurant au-delà de ses paramètres habituels. Une attention à leur évolution permet un certain recul dans le processus de composition. Ainsi, la dynamique des phases de stabilité, d’accumulation et de libération de l’énergie a guidé la conception de chacun des cinq mouvements. Leur enchaînement repose sur le même principe, auquel se superposent des indications de caractère :
1. Avec élan
2. Aérien
3. Paisible
4. Vigoureux et sans ralentir
5. Nostalgique
Je vous ai vue rêver est dédié à Joannie Lajeunesse.
Isabelle Panneton
2024