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Description

Ce que le Iu-hî Lô-bah Sng (soupe au calmar, aux conques et à l’ail chinois) représente pour Taïwan, la feijoada l’est pour le Brésil. Ce duo s’inspire de ces deux plats emblématiques, reflétant les héritages culturels distincts ainsi que les langages musicaux propres aux deux dédicataires.

À première vue, cela pourrait ressembler à une simple « liste de répertoire gastronomique ». Pourtant, les mets évoqués dans ces titres sont bien plus qu’une affaire de goût : ils portent en eux des souvenirs de famille, d’hospitalité et de liens sociaux. Le Iu-hî Lô-bah Sng a gagné en popularité durant l’âge d’or de la culture nocturne des jiujia à Taïwan dans les années 1960. D’abord servi lors de banquets d’affaires, il s’est progressivement imposé dans les ban-doh (festins traditionnels en plein air), les restaurants de fruits de mer, puis sur les tables du Nouvel An lunaire. Contrairement au caractère familier et quotidien du riz au porc braisé, ce plat représente « le Taïwan des grandes occasions » — une véritable icône culturelle comparable au thé aux perles.

Les ingrédients eux-mêmes racontent une histoire : des calmars séchés importés et des conques en conserve associés à des poireaux à l’ail locaux. Ensemble, ils dessinent un paysage culturel typique du Taïwan de l’époque — à la fois local et étranger, modeste et raffiné. À bien des égards, ce plat reflète l’esprit d’une société façonnée par l’immigration.

Au cœur de cet univers social se trouvait la musique Nagashi, un style de musique populaire en direct étroitement lié à la vie nocturne taïwanaise. Entre les tournées de boissons et les négociations d’affaires, les chanteurs interprétaient des chansons avec une expressivité intime et émotive, influencée par la pop japonaise, le jazz léger et les rythmes latins, naviguant librement entre les répertoires taïwanais, japonais et mandarin. Ils répondaient aux moindres désirs du public — des chansons capables de vous briser le cœur ou de vous envoûter. Des échos de cette atmosphère sonore se glissent subtilement dans le langage musical de ce mouvement.

À l’autre bout du monde, la feijoada s’impose comme le plat national du Brésil. Bien qu’elle paraisse simple et familiale, elle exige de longues heures de cuisson lente afin que ses multiples saveurs puissent pleinement se révéler ; patience et générosité en sont l’âme même. Elle est à la fois un repas partagé en famille et un geste d’hospitalité envers les invités. Sur le plan culturel, elle fait écho au choro, l’une des grandes traditions musicales du Brésil : tous deux sont nés de la vie quotidienne avant de devenir des vecteurs de mémoire collective et d’identité culturelle.

À l’écoute de cette œuvre, nous vous invitons à suivre votre imagination culinaire dans ce paysage où saveurs, culture et musique se rencontrent.

Cette œuvre a été créée par Yi-Hsuan Chen et Fabricio Mattos le 15 avril 2026 à Taipei.

Mouvements

1. Iu-hî Lô-bah Sng

2. Feijoada

Extrait(s) sonore(s)