Ayant composé une quinzaine de recueils de chansons, contenant généralement une demi-douzaine de pièces chacun, j’ai senti qu’il était temps de passer à une œuvre d’envergure : un vaste cycle conçu pour être interprété d’un seul trait, plutôt qu’un simple recueil dans lequel on puise à sa guise. Mon modèle en la matière est le Winterreise de Schubert.
Les textes — tous de ma plume — explorent la manière de s’orienter dans son monde intérieur face aux changements du monde extérieur, en mettant l’accent sur des instants d’une intensité particulière, tels que : « Un bourgeon, avant l’explosion du parfum », « Ce que l’on ressent à l’aube, en apercevant ta porte » ou encore « Fais vibrer la corde, libère la lumière ».
En prenant le temps de s’arrêter et d’observer, il devient possible de remettre en perspective ce qui semble être un monde extérieur frénétique. On parvient alors à mieux y faire face en s’en détachant, ne serait-ce que pour un instant.